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Comment se protéger efficacement de la fièvre EBOLA au Fouta

Posté par: Oumar ndiaye| Vendredi 15 août, 2014 15:54  | Consulté 6207 fois  |  3 Réactions  |   

La triangulation de l’information s’impose aujourd’hui plus que jamais comme un rappel d’une règle élémentaire pour amateurs et professionnels de la presse. Le cas de Félix, l’heureux sursitaire du haut de sa TRIBUNE, en est un exemple illustratif à souhait. EBOLA fait rage dans la sous-région au moment où, comme pour prouver qu’ils sont toujours en avance sur nous, le monde occidental s’apprête à déclarer à la face de l’Humanité, que nous ne sommes pas seuls….ah Bon !

Nous êtres Humains avons donc toujours cohabité avec d’autres êtres sur notre planète terre et ailleurs dans l’espace infini de l’univers. Quelle découverte !? Précisément comme en 1492  quand  Christophe Colomb, menteur éhonté, clamait toute voile dehors, qu’il est le premier à découvrir ce  monde nouveau déjà peuplé d’amérindiens et de négro-africains, qu’il baptisa Inde Occidentale ou Amérique.

Nous ne sommes pas seuls. Les Foutankais le savent depuis l’aube des temps, eux qui cohabitent  et commercent quotidiennement avec des êtres surnaturels terrestres et extraterrestres. Partout au Sénégal par ailleurs, il est admis que derrière toute réussite sociale grandiose, derrière toute fortune colossale, dans les coulisses de Tout Pouvoir spirituel ou temporel sont tapies des forces invisibles au commun des mortels, forces insufflées par  la générosité de nos voisins Koûmen, Mounou, Djinné, Rawhân ou Seythane. Qu’ils soient géants, minuscules, gentils, méchants, visibles, nuisibles, invisibles, coquins,  maléfiques,  ces esprits poussent la collaboration  avec les humains au-delà  des échanges, de l’amitié jusqu’aux liens sacrés du mariage.

Quand les motopompes des périmètres irrigués des nouvelles rizières du Fouta ont vraiment importuné les enfants des esprits de l’eau, la colère des parents Mounou Maayo a retenti jusqu’aux villages des humains où des noyades inexplicables ont semé pleurs et consternations….après moult négociations, les villages invisibles ont déménagé vers d’autres profondeurs loin des machines bruyantes plongées au milieu de leurs habitats. Ces voisins dont la proximité facilitait des échanges assez bonifiant  pour les humains s’en étaient allés ailleurs très remontés  au point de boucher toute voie de communication. Aucune offrande de lait caillé, de sang, de bouillie de mil n’y fit rien. Le  vacarme des motopompes, des pirogues à moteurs et les flashes éblouissants des phares des  véhicules qui circulent la nuit  étaient devenus insupportables voilà que s’y rajoutaient les innombrables  appels à la prière des muezzins, les « salatoul Fatiha » qui s’élevaient jusqu’à leurs oreilles durant le « wazifa » des Foutankais, matin et soir…. Le culte de la nouvelle religion amplifiée par des hautparleurs, des mégaphones juchés sur des minarets qui narguent le ciel leur était insupportable. Ça ne vous rappelle rien, pas même quelqu’un ?

L’exode des Sérères qui abandonnèrent le NGUENAR, au cœur du Fouta, pour aller se réfugier  dans les Territoires du Foutoumney et du Nguiropo, loin des appels incessants à la prière de leurs frères de lait Toucouleurs nouvellement convertis à l’Islam ; vous ne voyez pas encore le topo ?

Et voilà que EBOLA menace ces cousins qui ont perdu leur âme depuis War Diaby(il y a 1000 ans). Dès la fausse alerte de Wouro Sogui, des files, des cohortes de malades, encore sous perfusion ont été aperçus dans toutes les rues et routes du Fouta, fuyant les hôpitaux, postes de santé et dispensaires.  Qui disait que le Poullo n’a jamais peur et que jamais il ne fuit, que jamais l’adversaire ne verra son dos ? EBOLA a tout démenti. Tous cherchaient à aller le plus loin possible du malade suspecté d’EBOLA, alité devant le camp militaire à toute fin utile ; le pauvre ne souffrait en fait que de courbatures après un loin voyage cahoteux entre Bamako  au Mali et Ogo au Fouta.

Les calèches et autres vieux tacots des gares routières étaient jugés trop lents pour assurer une fuite en vitesse et en sécurité, c’était le sauve-qui-peut partout…..là, je cite ma source, sacrée, Niominka Bi, un Sérère Sarrenn. Je me mets à l’abri, derrière mon cousin et oncle Sérère,  de toute poursuite judiciaire pour information non avérée. D’ailleurs c’est plutôt Mamadou Mory DIAW, maire de Matam, qui va avoir  des soucis. Tous les Sérères du Sénégal, des îles à Diass, du Sine, du Baol et du  Saloum ont décidé, Ma  Ibou, le Grand Saltigué, en tête, de collecter des savons ordinaires, des caisses d’eau de javel et de venir en cortèges apprendre aux populations du Fouta des rudiments d’hygiène individuelle et collective.  Eux savent que l’on ne se protège pas d’EBOLA juste en rallongeant les mini-jupes vers les chevilles ou en les remontant au-dessus du nombril. Après avoir composé des incantations, des chants et des rythmes en la circonstance, ils ont décidé de venir par les airs, je vous mets en garde, en chevauchant des épis de mil et de maïs…..Ils viennent élever un pare-feu mystique en organisant un méga-Hoye contre EBOLA ; pas pour se moquer des cousins fuyards mais plutôt pour encourager, fraterniser et se montrer solidaires même devant EBOLA. J’en vois qui vont déjà hurler  ééébonééé !!!!!……..Le Fouta sera en effervescence, les Sérères arrivent !!!! Affaire  à suivre.

 L'auteur  oumar ndiaye
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Commentaires: (3)
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Béchir En Août, 2014 (16:12 PM) 0 FansN°:1
Aïe, aïe, aïe, lire ceci 60 ans ans après les indépendances, ça fait soucis ! Les virus d'Ebola ont encore de beaux jours devant eux !
Auteur@Béchir En Août, 2014 (10:27 AM) 0 FansN°:2
Les subtilités socioculturelles qui traversent le textes sont de loin plus vieilles que les années 1960! C'est plus pour magnifier le cousinage à plaisanterie Pulaar/Sérère que pour proposer une CAT ou une posologie contre EBOLA. Mais chacun y voit ce qu'il veut; je parlais en Pulaar en me servant du français dans ce monde globalisé. merci pour votre commentaire.
Anonyme En Août, 2014 (13:51 PM) 0 FansN°:3
Excellent.

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oumar ndiaye
Blog crée le 31/01/2012 Visité 858333 fois 169 Articles 11244 Commentaires 64 Abonnés

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