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Du Fouta aux USA les grands électeurs sont les ennemis de la démocratie

Posté par: Oumar ndiaye| Vendredi 11 novembre, 2016 12:11  | Consulté 819 fois  |  0 Réactions  |   

Trump a bien trompé tout son monde et les américains se sont très mal réveillés de leur  cauchemar électorale avec une sacrée gueule de bois. A peine élu, le 45ème président de la superpuissance mondiale se voit sa victoire contestée par un peuple qui s’agite comme les pattes d’une vache qu’on a fini d’immoler….

Ces agitations populaires post-électorales ne sont pas sans rappeler l’an 2000 lorsque Al GORE, élu par le peuple américain, avait tout de même perdu pour 266 grands électeurs face à BUSH fils qui en avait obtenu 271. Malgré tous ses moyens modernes et son système performant,  il a fallu  en son temps aux USA, comme ça ne se passe que dans les républiques bananières d’Afrique, plus d’un mois pour désigner un vainqueur. Inutile de dire que le peuple américain ne voulait pas que le buisson s’enracine dans la maison blanche et cela malgré le choix des grands électeurs qui eux ont toujours le dernier mot.

C’est là d’ailleurs le seul intérêt véritable que revêt l’élection de Donald TRUMP pour nous autres pauvres africains infantilisés qui aspirons à des lendemains meilleurs. Cette leçon d’histoire devrait être discutée dans toutes les classes de nos lycées et collèges. Les enseignants en profiteront, peut-être, pour  démontrer comment les Grands électeurs du Fouta, système instauré en 1776, ont sapé les fondements démocratiques de la révolution sociopolitique de l’Almamiya.

Les grands électeurs fountankais du 18ème siècle, nommés « Djâgordés », eux-mêmes élus par un vote populaire, s’étaient finalement constitués en une nouvelle caste. Ils s’étaient proclamés nobles de classes exceptionnelle, Torodo, paradoxalement issus de toutes les couches sociales de toutes les  castes du terroir. De gardiens de la révolution sociale, les Djâgordés, torodisés par des privilèges de castes, finiront par aliéner  le peuple en  dévouant le suffrage universel. Leur statut devenu héréditaire était désormais scellé par une onction d’émanation divine car ils se proclameront les élus de Dieu et non des populations qu’ils méprisent.

Après avoir confisqué le pouvoir et réduit l’Almamy à un simple turban sur une tête, ils avaient aussi fermé les portes de l’enseignement supérieur aux fils des autres groupes sociaux. Dans les écoles coraniques, les« torodbés » (Torodo au singulier) prétendaient qu’un fils de Thioubalo (pêcheur) n’avait pas besoin de connaitre plus de trois versets et qu’une tête pleine d’incantations païennes ne saurait contenir la parole de Dieu. Les plus doués des élèves provenant des « autres familles » étaient obligés de prouver et de mémoriser et de réciter intégralement au moins trois fois tout le Coran avant d’ être autorisés  à entamer des études de droits et de simple grammaire.

.Afin de mieux imposer leur hégémonie, l’endogamie sera instaurée par ses  anciens fils d’intouchables ou au mieux d’artisans, désormais hissés à la pointe de leur nouvelle noblesse. Ils toisent les « castés » à qui ils refusent jusqu’aujourd’hui les mains de leurs filles et fils sous le prétexte de l’obligation divine de maintenir la pureté de leur classe sociale.

Les Torodbés s’allieront ensuite aux colons français en leur facilitant la pénétration par l’implantation de forts et forteresses de Podor à Bakel. Pour quelques postes de chefs de cantons et des subsides alloués par le gouverneur de Saint-Louis qui les recevait régulièrement dans ses bureaux, ils vont réinventer la féodalité et l’esclavage en s’appuyant sur des interprétations assez bizarres du Coran. C’est d’ailleurs grâce au livre saint de l’islam qu’ils maintiendront leur prééminence de caste en leur qualité de guide spirituel, de juge, d’enseignant, de policier, de soigneur et de pourvoyeur de rêves. De la naissance à la mort, tout et tous passent par leurs mains bénies et qui bénissent.

Comme quoi, le savant marabout Torodo n’est le substitut du prophète auprès du peuple quand il  ne convoite pas le pouvoir temporel en s’acoquinant avec l’homme politique. Dans ce cas alors, il appartient au peuple de le combattre, de le destituer et de le chasser (Parole d’Allah)……

 L'auteur  oumar ndiaye
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oumar ndiaye
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