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Je ne suis pas Khalifa même si je pourrai voter Khalifa SALL 5ème Président.

Posté par: Oumar ndiaye| Dimanche 12 mars, 2017 13:03  | Consulté 434 fois  |  2 Réactions  |   

Le mélodrame aurait pu se passer des larmes de la pauvre vieille maman du maire de Dakar. La Dame, très âgée, malade et alitée, certainement ignore tout du rôle que les communicants lui  ont fait jouer dans cette cabale destinée à l’opinion publique dans une affaire, qui hélas, ne concerne en premier chef que les Juges. Rien que pour cela que je ne suis pas Khalifa.

Cette ligne de défense est trop mince, trop fragile pour emporter ma conviction de citoyen ordinaire mais tout de même avide de justice sociale et d’équité. J’ai justement pensé à mes amis pro-Khalifa en me disant que « eux et moi », dans le grand NOUS de la volonté de bien vivre ensemble, avons cela en commun. Et dans ce projet de société, le premier à répondre de ses actes devrait être celui  entre les mains de qui nous avons remis nos destinées. L’homme politique est un justiciable de droit commun et doit accepter de dépasser les frontières de «  je ne suis pas le seul » pour en arriver à la preuve irréfutable de son innocence, totalement hors de tout soupçon.

Le discrédit est dans l’air du temps et l’affaire Khalifa SALL, du Maire de Dakar, capital du Sénégal, l’illustre à souhait. Si cette intrigue porte à présent, et à ce niveau de défiance à la Justice, à ses Procureurs et  à ses Juges, c’est dire que le dernier rempart de notre humanité est en train de se fissurer gravement. Les sénégalais refusent tout simplement de penser, car trouvant plus commode de déléguer cette faculté à des experts et des gourous religieux payés pour forger l’opinion publique. Ces escrocs qui monnaient leurs avis sur tous les dossiers tiennent l’espace public comme un marché qu’ils ont investi et en y tirant des dividendes fort substantielles. Réfléchir par procuration, contester virtuellement, battre le macadam par hashtag googolisé a fini de nous plonger dans notre dimension post-humaine qui n’est pas loin de la condition des Moutons de Panurge.

Il est très fréquent d’entendre au point d’admettre que la Presse est corrompue et joue dans la désinformation. C’est partout la théorie du complot. Le champ Politique, investit par des Groupements d’Intérêt économique, n’échappe pas à la sentence. Ces vingt(20) dernières années, aucun homme politique, aucune femme politique n’a été poursuivi(e) pour délits d’opinion, pour un manifeste publié, pour un pamphlet ou ne serait-ce qu’un tract balancé sur la toile du WEB. Tous et toutes qui ont eu maille à partir avec loi ne l’ont été que pour détournements de fond, malversations, vandalisme, association de malfaiteurs, assassinats….. C’est le Grand complot des JUGES à la solde du Pouvoir Politique qui en croque de l’opposant.

Les avocats, faute d’annoncer des éléments  qui innocentent Khalifa SALL, crient au complot politique et à la  conspiration  de la mouvance présidentielle pour liquider un opposant, futur candidat contre l’homme fort du régime actuel au pouvoir. Le complot contre l’ancien Ministre Khalifa SALL, à son niveau de responsabilité et d’instruction et d’éducation, c’est plutôt de lui faire dire que caisse d’avance est synonyme de caisse noire ou de fonds politiques. Ceux qui conspirent contre « le Futur Président de la République » sont ceux-là qui démontrent que ce que la loi lui reproche n’est qu’une  pratique délictuelle mais légalisée par l’histoire de la gestion administrative de la mairie de Dakar.

L’opinion Publique est poussée à admettre et fait admettre qu’à défaut de poursuivre tous les maires du Sénégal, Khalifa SALL ne devrait  pas être inquiété d’avoir fauté. Le maire au boubou et bonnet blancs n’a pas de comptes à rendre tant que ceux qui ne sont pas encore inquiétés par la justice n’auront pas à justifier leurs gestions. De vieux dossiers « sous coude » du Président de la République sont pointés à l’attention de la mémoire collective défaillante : les contrats de pêches, le marché des passeports diplomatiques, tous les hommes politiques de 1960 à 2017 y passent. Mais seul Khalifa, le bien nommé,  est inculpé. Le doute est semé et est dors et déjà permis.

La partialité du Tribunal établie, l’affaire est portée dans la rue et dans les rédactions des journaux. Mouvements de soutien et points de presse se multiplient pour chauffer l’opinion et mieux embrumer la raison. Certes la justice est rendue au nom du peuple mais je suis de ceux qui croient que l’opinion  publique, bien ou mal éclairée, est mauvaise juge.  Surtout que les mouvements « Je suis Khalifa » maladroitement copié et collé dans un contexte qui ne s’y prête pas, constituent de faux lobbies, qui  de part de leur origine et source d’inspiration, insultent notre intelligence.

Charlie avait offensé le Prophète de l’Islam, celui qui nous a valu son premier Khalifa, Ababacar justement, porté par l’Histoire jusqu’au Sénégal du 21ème siècle pour y être Maire de la Capital et peut être futur Président de la République. Alors quand l’impertinent caricaturiste reçut la monnaie de sa pièce, quelques leaders du monde francophone et une flopée de charlots lancèrent la provocation «  je suis Charlie »  au monde islamique dont le Sénégal se réclame. En son temps j’avais mis mon doigt dans le rectum du cadavre fumant de Charlie et j’étais passé à d’autres zikrs plus parfumés.

A force d’abuser de ces « je suis » ce que je suis pas du tout, le discrédit de ces mouvements de soutien pathétiques est devenu sans équivoque. Tout à fait comme cette propension d’user de la politisation de tous les dossiers judicaires comme ligne de défense. Les avocats ignorent les codes de droit et leurs  procédures pour investir les algorithmes et les sites web. Ils ne plaident plus devant les cours et tribunaux préférant l’usage de la propagande pour défendre leurs clients aux yeux des journalistes et de l’opinion publique. Or justement la liberté du Juge c’est de pouvoir dire le droit même si sa sentence devrait mettre la cité à  feu et à sang, y compris le temple de Thémis ; à moins que l’on admette que le droit devrait être dit sous l’éclairage pressant de l’opinion publique du moment et non du doit positif.

Je ne suis pas Khalifa SALL car lui est en détention alors que moi je  ne suis privé d’aucune de mes libertés. Je ne veux pas être à sa place car c’est moche la prison ; franchement je préfère dormir au salon le reste de ma vie que de passer une seule seconde au violon….et puis je ne veux pas être poursuivi pour détournement de quoi que ce soit. Lui est inculpé tandis que je ne souhaite jamais être  déféré devant un Procureur de la République. Alors arrêtons le cinéma.  

Le jour où Khalifa SALL finira de prouver son innocence totale, quand ses avocats et groupes de soutien démontreront la bonne transparence de sa gouvernance et non la culpabilité de tout ou large partie des maires du Sénégal, alors  je ne serai pas pour autant  Khalifa mais je militerai dans son Parti, je battrai campagne pour son élection à mes propres frais et je voterai pour lui pour qu’il soit élu Président de la république du Sénégal. Je m’engage….et ceci est ma parole.

 

 L'auteur  oumar ndiaye
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Commentaires: (2)
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Anonyme En Mars, 2017 (13:51 PM) 0 FansN°:1
On verra bien la suite de cette histoire !
Mbourou fof ko Farine En Mars, 2017 (19:18 PM) 0 FansN°:2
Contrairement à leur chanson populaire, la lutte contre la corruption n’a jamais été une priorité pour ce pouvoir. La pratique qu’on reproche à Khalifa Sall est une tradition connue dans toutes les institutions politiques du pays, qu’elle soit appelée : «Caisse d’avance», Régies d’avance», «Caisse noire» ou «fonds politiques». Injustement, ils ont mis Khalifa Sall en prison, alors que d’autres responsables de l’Apr sont épinglés par la Cour des comptes, l’Ofnac et l’Ige notamment dans l’Affaire Pétrotim».

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oumar ndiaye
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