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La belle réplique de Baaba MAAL à Nicolas SARKOZY : Nos ancêtres sont en nous.

Posté par: Oumar ndiaye| Mardi 11 octobre, 2016 12:10  | Consulté 790 fois  |  0 Réactions  |   

"Dès que l'on devient français, nos ancêtres sont gaulois." Sarkozy a osé l’affirmer. Or, de tout le territoire de France, les YVELINES demeurent l’espace où la chance de rencontrer un Foutanké, Peul, Sarakholé, Wolof (Sédo-sédo) n’égale que les coins et recoins des villages de la vallée du fleuve Sénégal. Ce fait confère à la ville de Mantes-la-Jolie, on ne peut pas plus français, toute la symbolique qu’elle revêt aux yeux de la communauté Pulaarophone de la diaspora. La polarisation  est telle que « Mantou » qui sonne dès fois comme « Mbantou » pourrait être considérée comme une ville du Fouta  au même titre que Kaedi, Podor, Maghama et Matam.

Dans les années 1970, déjà,  à l’ombre des arbres, les femmes qui pilaient le mil, au rythme des  pilons dans les mortiers déclamaient  tout un lyrisme autour du waalafenndo( La France)….. (Woto woy Ngoynaami, Baaba ma ina waali e Mantou-la-sel (Mantes-la-Jolie. «  Ne pleure pas mon enfant, sèche tes larmes, endurons l’absence de ton père mon enfant, heureusement que nous comptons pour quelqu’un  à Mantes-la-Jolie». Puis il y a eu le regroupement familial des années 80, toute une politique de repeuplement de la France. Le choc de la modification des projets de départ, qui incluaient forcément le retour désormais compromis, a pu être amortie par les séjours réguliers en France des griots, des artistes et des marabouts, qui comme pour un suivi éducatif, viennent voir, tester et consolider le degré d’enracinement des familles dans les valeurs ancestrales : soirées dans les caves des Foyers, gris-gris, eau bénie, classes d’alphabétisation en langue africaine et conférences religieuses.

Les parents « darons et daronnes » porteurs de grands boubous,  de pantalons bouffants, de pagnes et foulards sous les rigueurs de l’hiver n’ont surtout pas renié les ancêtres, régulièrement convoqués et évoqués au rythme des saisons et « des musiques de là-bas ». Ils ont manœuvré dur pour que nul n’aie honte de parler la langue de sa mère. Les bruits et les odeurs  Chiraquiens ont permis la cuisson des plats  de maffé, de couscous, du riz, du « soupe Kandjé » que l’on mange avec appétit à même la nappe sur la moquette. On intègre la cuisinière  électrique ou à Gaz mais nul ne peut assimiler l’esprit qui sous-tend cette gastronomie.

Les enfants de la seconde génération, aussi ambivalent soient-ils, n’en demeurent pas moins des représentants qui ont repris dignement le flambeau en main  afin de maintenir toujours  très haut la bannière tout en assumant leur part de responsabilité d’enrichir la France et l’image de la France. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’organisation d’un concert à Mantes-la-Jolie pour le compte de Bow, un village du département de Kanel, région de Matam au cœur de la vallée du fleuve Sénégal.

Il s’agissait de joindre l’utile à l’agréable lors de cette soirée de levée de fonds pour construire une bibliothèque  scolaire. Et pour cette fois-ci, heureusement, ce n’était pas une ONG occidentale au secours des sinistrés sous-développés du Sud. Le samedi 08 octobre 2016, au Centre d’Actions culturelles BRASSENS, le bien-nommé, le concert a bien eu lieu et de fort belle manière à l’honneur de Demba NDIAYE NDILLAAN qui en a pris l’initiative avec l’appui de ses amis de Mantes-la-Jolie.

La salle était pleine, remplie comme un œuf, de français et françaises qui communiaient dans un fulfuldé aux accents gaulois. Ils s’interpelaient par leurs prénoms et noms si évocateurs : Hawa, Samba, Coumba, Mallé, Mody, Guissé, Ba, Kane, NDIAYE, Ndôm, Niaré, Mbaye, Ngam etc… Ces jeunes, filles et garçons, aussi français que Thomas HOLLANDE et Marion Marchal Le PEN, ne se reconnaissent certainement pas comme descendants d’une lignée de Gaulois blonds aux yeux bleus. D’abord nos morts ne sont pas morts car ils continuent de vivre en ces enfants français connectés à leurs racines foutanké grâce aux voyages au royaume d’enfance de leurs parents mais aussi par la magie des chaînes satellitaires, de facebook, skype, youtube en j’en passe…..

Baaba Maal a bien voulu rehausser de sa présence ces moments de convivialité, de bonheur et d’engagement. Il est venu à la balance, il a aussi assuré au concert. El hadji, L’Artiste est coutumier des faits.  Son compagnonnage avec Ndillaan remonte à 1990 avec à la clé « Maayo » un album sorti en 1997 qui ouvrit à Demba les portes du MASA d’Abidjan, le festival international de RABAT et d’autres scènes du Sénégal et d’ailleurs.

Chaque année, depuis des décennies, Baaba Maal, Daande laniol, la voix du peuple, organise une tournée dans les villages de la haute et basse vallée de la rive gauche et celle de droite du  fleuve Sénégal. En collaboration avec des associations villageoises, il assure régulièrement des concerts de levée de fonds pour financer le développement territorial. Et cette fois à Mantes-la-Jolie, il a permis aux enfants d’expatriés foutanké de démontrer l’égale dignité des cultures et des lignées ancestrales de tous les fils de France.

 L'auteur  oumar ndiaye
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oumar ndiaye
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