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La transhumance politique au Sénégal confirme la force du PDS.

Posté par: Oumar ndiaye| Mardi 10 mai, 2016 09:05  | Consulté 822 fois  |  0 Réactions  |   

La désillusion de Modou DIAGNE FADA passée et digérée, le Re-mixte de la saison Waar Wi des sillons renouvelés a donnée un single estampillé LDR. L'histoire politique se répète en faisant croire qu'elle bégaie et l'ironie du sort nous vaut encore un R de plus, encore issu des flancs du PDS qui de 1987 à 2016 a connu les soubresauts de trois décennies de schismes presque discontinues.  Sérigne DIOP Sadakta a eu son PDS-Rénovation, Ousmane NGOM son PLS, Idy son Rewmi, Pape DIOP sa Convergence BGG, Macky SALL son APR, Aliou SOW son MPD Liggey, confirmant que l'Unique Constante tient bien les commandes de son aéronef et que les courants et les batailles d'idées politiques sont bien des produits qui ne sont destinés exclusivement  qu'à l'exportation. Et j'en oublie l'UNP de Souleymane Ndéné NDIAYE et la CLP  de Sérigne Mbacké NDIAYE....

L'indication générique du dernier-né des partis politiques, Réformateurs, en dit long sur la césarienne. La fonction séductrice du LDR confirme surtout que le champ politique sénégalais n'est investi  en fait que par deux conglomérats de partis politiques: le PS et le PDS, chacun avec ses avatars servant de capteurs-phagocyteurs pour les militants des ex-partis communistes et de la gauche radicale.  Ces entités fonctionnent en vases communicant où les mêmes acteurs qui  avaient porté Wade en l’an 2000 l’ont aussi fait tomber en 2012. Mais ce qu'il faut surtout retenir c'est la règle établie par le second mandat de WADE en 2007 qui prouve que ce sont les transhumants qui vont déterminer l'issue des échéances électorales de 2019.

Les tout nouveaux Démocrates Réformateurs en claironnant  qu'il sont pour les grandes retrouvailles de tous les libéraux ajoutent de l'eau au moulin de ceux-là qui accusaient déjà FADA d'être le Cheval de Troie de l'APR au sein du PDS. Toutefois, tous s'accordent que seule la massification compte pour la famille libérale qui face à la Gauche, pourtant moribonde, ne cherche qu'à  gagner  toutes les élections et conserver le pouvoir, quitte à se déchirer par la suite autour de l'application  de la règle de trois politicienne.

Les dernières élections locales de 2014 ont montrés l’essoufflement politique de certains cadres de l’opposition comme du pouvoir dont le leadership contestable s’est traduit par des saignées parmi les bases politiques dans toutes les communes. Abstention et défection font régulièrement vaciller  la mouvance présidentielle dans certaines collectivités urbaines depuis les années 1990.

Les activités politiques sont concentrées dans les zones urbaines et périurbaines d’où proviennent l’essentiel des cadres politiques. C’est là où la conscience politique est la plus élevée. Le monde rural  évolue aussi en territoire pourvoyeur de cadres mais de manière indirecte par un retour en zone de citadins qui exhibent leurs origines plus ou moins lointaines avec comme conséquences le désastre imposé par des maires et responsables politiques non-résidents. Les villages, même les plus reculés, très convoité pour la fidélité de leurs électeurs commencent à manifester des exigences dont il faut tenir compte. Dans les contrées rurales, l’activité politique se résumait souvent à la parade des cadres venus de Dakar pour les besoins de meetings de soutien ou de campagnes électorales.

Dans ce rendez-vous d’échanges de promesses politiciennes, les foyers religieux, forts d’une légitimité supérieure à celle de la classe politique, donnent clairement de la voix en basculant de leur rôle de régulateurs sociaux vers une position  partisane d’acteurs politiques. Leur légitimité héréditaire et qui ne nécessite aucun renouvellement justifie un authentique engagement militant de leurs ouailles. Se revendiquant des mouvements de soutien et des partis politiques de leurs propres création, ils brandissent leurs chapelets en promettant prières et bénédictions. La mode consiste désormais à compiler dans  des registres les listes exhaustives des disciples en attente de la consigne du marabout dont les orientations de votes vont le plus souvent au tenant du pouvoir qui est le mieux à répondre aux  multiples et très lourdes  sollicitations confrériques.

En effet, l’électorat sénégalais se fonde sur un clientélisme politique déterminé par  des spécificités socioculturelles. Il est émotionnel dans son choix. L’image ou le statut social de l’homme politique est plus déterminant que son programme. Les idéologies et doctrines politiques ne comptent presque pas. En lieu et place des orientations idéologiques, ce sont plutôt les relations sociales et les appartenances claniques et ethniques, les obédiences confrériques qui font la différence. Le vote obéit à des considérations modulées par des réalités socioculturelles locales sous-tendues par un manque d’information et de culture politique notoire.

 Ceci explique le manque de compétence politique et l’implication mitigée des populations dans le jeu qui est la chasse gardée des leaders. Les quelques soubresauts notés lors des dernières élections avec des tendances de changement dans les villes ne traduisent que l’importance égale accordée au pouvoir économique d’une part et au rang social et le lien de parenté d’autre part. Le poids des porteurs de voix que sont les émigrés et les chefs religieux et coutumiers est décisif dans les orientations de votes. Et l’expérience démontre que  qui perd le pouvoir perd ses militants et que la fidélité des militants assure un bail à long terme avec tout régime au pouvoir.

Dans cette logique qui promeut le cynisme, le leader ne compte que sur sa force de persuasion et de manipulation pour alimenter son assise politique devant des électeurs  qui se considèrent eux-mêmes comme de la clientèle politique refusant catégoriquement d’être exclu du partage des privilèges.  Les militants, plus liés à une personne qu’au parti dont ils ignorent jusqu’à l’idéologie proclamée, obligent leur responsable à transhumer afin de leur permettre l’accès aux avantages du pouvoir. A défaut, ils le quittent car la finalité de leur engagement c’est d’améliorer leur quotidien par l’accès ou la proximité d’avec le pouvoir qui n’est jamais à combattre car étant d’émanation Divine.

Les principes et le projet de société véhiculés ne revêtent aucun semblant  d’importance pour eux. Du reste, l’attrait d’un parti  dépend plus de la longueur de son cortège de  véhicules durant la campagne, du portefeuille et du patrimoine de son leader.

Cette démocratie participative des pauvres ne laisse au citoyen sans éducation que l’obligation d’aller voter pour celui qui, par la proximité sociale, lui semble le mieux à lui trouver un emploi, un appui, un coup de pouce, une protection  judiciaire, l’achat d’une ordonnance médicale ou l’obtention d’intrants agricoles. Les manifestations bruyantes de colère des populations ne portent d’ailleurs jamais sur des doléances structurantes. Les mouvements d’humeur, souvent commandités, servent à attirer l’attention du pouvoir sur  la capacité de nuisance de l’opposant politique qui veut être invité à rejoindre les rangs.(à suivre)

 L'auteur  oumar ndiaye
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oumar ndiaye
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