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La violence au Sénégal : étiologie, manifestations, Réponses et prophylaxie sociale(04)

Posté par: Oumar ndiaye| Vendredi 19 mai, 2017 12:05  | Consulté 325 fois  |  0 Réactions  |   

Lors de la journée internationale du Travail social célébrée à l’ENTSS (maison-mère des TS), des panélistes se sont penchés sur la thématique suivante : « La violence au Sénégal : étiologie, manifestations, Réponses et prophylaxie sociale ». Ce thème   a permis  alors à chacun des intervenants de développer largement des aspects de la problématique qui sont les plus proches de ses préoccupations au quotidien. Les enseignants chercheurs sont revenus sur les aspects théoriques, idéologiques, philosophiques tandis que les praticiens exposaient clairement sur les manifestations concrètes, les approches et méthodes d’interventions, de prévention, de prise en charge et des possibilités de réinsertion, aussi bien des victimes que des auteurs de violence : Le TS a  très souvent en charge la pauvre victime en même temps que le psychopathe qui violente.

Un cas qui illustre cette obligation-double de prise en charge est bien le triste viol d’une enfant de 19 mois à Thiès par un adulte malade mental ; tous les deux se retrouveront entre les mains des travailleurs sociaux. La fillette bénéficiera d’un accompagnement psychosocial, sa famille d’une thérapie systémique familiale (éventuellement) ou à la limite d’une médiation familiale, la mère de l’enfant étant accusée de négligence donc « culpabilisée à mort » par la belle famille, risquant la répudiation.

L’adulte, le malade mental (Un Marc Dutroux local), sera pris en charge par les services de l’assistance sociale (santé et action sociale), référé en psychiatrie et suivi sur le plan médical, social et psychiatrique ou psychanalytique. (D’aucun pourra proposer une castration chimique pour prévenir la récidive…).

C’est dire qu’à l’instar de tous les pays du monde, le Sénégal, notre pays des Saints Marabouts jihadistes, n’échappe point à l’omniprésence de la violence, à l’échelle quotidienne et historique. A tous les niveaux, la violence est là et nous la subissons de plein fouet. Nos politiciens qui s’insultent à l’assemblée nationale, en pleine rue ou sur les plateaux de TV, les jeunes marchands ambulants qui menacent de  se muer en agresseurs si on ne les laissent pas envahir la chaussée etc…même nos ruraux qui d’habitude se cognaient à coups de coupe-coupe pour le sourire d’une dulcinée font à présent  dans les brassards rouge et écument les médias pour un oui ou pour un non. Dès fois on se demande pourquoi tendre un micro à quelqu’un qui revendique des futilités sous la dictée du journaliste qui n’hésite pas à chauffer la foule et inciter les  protestataires à crier…tout ça pour du BUZZZZ !

La parole est accaparée, prise en otage par ceux qui n’auraient jamais dû parler tant ils démontrent par leurs discours toute la profondeur de leur ignorance ou de leur méprise. La violence au Sénégal est d’abord verbale. « On ne se parle plus car on s’assomme à coup de mots, toujours plus durs, encore plus  vulgaires et toujours plus dénués de sens. C’est la fameux « Dooranté sciences ». Les plus écoutés, les plus lus, sont ceux qui n’ont rien  à dire car bâtissant leurs propos en colportant. On les appelle PEOPLE, les radoteurs qui ragotent. La presse ne nous informe plus, elle nous met au courant. Tiens l’ex-femme de l’autre qui retrouve ses photos nues sur un site porno sénégalais, c’est ça la Une…. La violence par l’image c’est aussi ça la promotion de la pornographie. Ou alors c’est la marabout « ami des Djinns », qui promettait facilités, monts et merveilles à ses clients et clientes qui se retrouve derrière les barreaux et on en fait un sujet pour la revue nationale de presse.

Le peuple sénégalais est infantilisé, ne pouvant pas penser par lui-même. Tout étant délégué à des marabouts, des gourous et des experts, il ne reste plus qu’à afficher une gentillesse de façade qui ne cache pas du tout, du reste, la violence insidieuse. En réplique à cette première forme de violence, le peuple étant confiné dans un statut d’éternels enfants « Talibés »,  il a fallu trouver d’autres formes moins visibles mais plus toxiques d’exprimer notre violence.( à suivre)

 L'auteur  oumar ndiaye
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oumar ndiaye
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