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Le rôle du Sénégal dans la saison 3 de la bataille de Karbala

Posté par: Oumar ndiaye| Vendredi 22 janvier, 2016 16:01  | Consulté 2118 fois  |  0 Réactions  |   

Lors d’une bagarre, même demander à l’un des protagonistes de vous confier ses chaussures est aussi une façon de prendre fait et cause et d’afficher sa position. Entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, c’est un conflit qui remonte au 27 janvier 661-Karbal 1- avec l’assassinat de Ali ibn Abi Talib qui est encore remis au goût du jour ce 02 janvier 2016. Et le Sénégal déclare ne pas vouloir prendre position. Le choc des civilisations opposant régulièrement Sunnites Arabes et Chiites persans autour de questions hautement économiques, géostratégiques et politiques, toujours sous couverts de fallacieux principes religieux, s’est ranimé de nouveau.
Au moment où l’Iran est accusé de s’immiscer dans les affaires internes d’un Royaume souverain (Pléonasme admis), il est inquiétant de voir les procurations que s’octroient des pays africains pour rompre toute relation avec Téhéran. Ils évoquent l'ingérence qui autorisa pourtant des présidents africains à aller crier sur les bords de la Seine qu'ils sont CHARLIE, au nom de la liberté d'expression qui a valu au Cheikh Chiite d'être décapité. Ce sont bien des  citoyens français qui ont décapité la rédaction de Charlie-hebdo, donc affaires internes franco-française.......
Un communiqué de presse qui fait suite à la rencontre entre les autorités du ministère des Affaires étrangères et l’ambassadeur de l’Iran à Dakar, condamne officiellement l’incendie de l’ambassade saoudien en Iran, invoquant la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques et celle de 1963 sur les relations consulaires. Mais l’ambassadeur du Royaume saoudien n’a encore été ni entendu ni rencontré pour se prononcer sur la décapitation du guide religieux Chiite pour un très ironique délit d’opinion par Riyad qui siège pourtant au Conseil des nations Unies sur les questions de liberté et de droits Humains. Le pays de la Téranga est muet sur la liberté d’opinion consacrée par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
D’ailleurs sur cette question de droits humains, l’exégèse du Saint Coran sied mieux quand on sait que les trois derniers présidents de la République du Sénégal ont tous eu à assurer aussi la présidence de l’Organisation de la Coopération Islamique(OCI). Inspiré par cette organisation, porte-voix du monde musulman qui a comme mission la sauvegarde et la protection des intérêts de tous les pays musulmans dont la Palestine, notre pays peut mieux faire dans l’esprit de promouvoir la paix internationale et l’harmonie entre les différents peuples de la Oumma islamique et du monde.
Rappelons que plus de 99% des actes de terrorisme à travers le monde musulman sont intra-communautaires. En effet régulièrement, des musulmans attaquent, kidnappent, violent, réduisent en esclavage et tuent d’autres musulmans sous le voile de cette même religion qu’ils ont en partage, paradoxalement. Et le Sénégal n’est en rien différent des pays laïcs, démocratiques avec une population majoritairement musulmane qui font régulièrement l’objet d’attaques de groupes Wahabbo-djihadistes. Ceux qui ont décapité, Karbala 2, le 10 octobre 680 le petit-fils du prophète Mohamed(PSL) ne ménageront pas en 2016 la descendance de nos marabouts africains.
Au nom de la lutte contre l’associationnisme et pour rétablir l’orthodoxie en islam, les néo-salafistes n’épargneront ni nos sites historiques, ni nos symboles religieux encore moins nos Vénérés Tombeaux Sacrés. Tous les sites historiques de l’islam de la Mecque, de Médine et de Kerbala ont été détruits. Même les tombeaux de Zaïd ibn Khatab, frère de Oumar ibn Khatab, de Hussein fils de Ali et de fatima et avant lui celui du Prophète Mohamed(PSL), sa maison familiale, sa mosquée et les vestiges de la demeure de sa première épouse, Khadidia ont été profanés et pillés. Le saccage des sites religieux de Tombouctou en 2012 est encore frais dans nos mémoires.
A présent, Chiites et Wahhabites exportent leur conflit héréditaire en Afrique. Au Sénégal , de Kolda à Louga, des Campus universitaires de Dakar et Saint-Louis, de Vélingara à Waoundé, il est devenu très fréquent d’assister à des scènes de violences extrêmes entre musulmans négro-sénégalais pour des injures qui seraient proférées à l’encontre des pieux khalifs que sont Aboubakr, Ousmane et Oumar, morts en Arabie depuis plus de 13 siècles. Heureux Bilal-le-nègre, effacé des rangs des Sahaba que personne n'insultera. 

Des mosquées sont souvent fermées par décision administrative pour éviter des bains de sang (sénégalo-sénégalais). Des corps-à-corps dans les colonnes des prieurs opposent de plus en plus Salafistes autoproclamés aux soufis si ce n’est pour le motif que les financements de la construction de la mosquée sont chiites et que les sunnites en réclament l’imamat.
Le Sénégal ne sera pas biffé de la listes des pays catalogués associationistes par les Wahhabites juste en s’inscrivant comme 34ème figurant dans cette saison 3 de la lutte entre Perses et Arabes. Tous les pétrodollars qui y seront récoltés ne suffiraient pas à panser nos maux après le passage des fanatiques qui vont razzier nos villes et villages, tuer nos braves cultivateurs, pêcheurs et éleveurs et réduire nos femmes en esclaves sexuelles. L’apparition de milices terroristes chiites pro-iraniennes en Afrique noire pourrait bien compliquer la donne déjà très trouble avec Boko Haram, Aqmi, Daech et autres qui ne fonctionnent qu’avec des subsides du Royaume saoudien. (Aticle paru aussi sur le site www. afrique-midi.com)

 L'auteur  oumar ndiaye
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