Seneweb.com Accueil |   Gerer ce blog   

Sénégal: le transhumant politique est un héros.

Posté par: Oumar ndiaye| Dimanche 17 avril, 2016 17:04  | Consulté 661 fois  |  0 Réactions  |   

Le premier mandat du Président Macky SALL est largement entamé avec sa cohorte de soubresauts de magnitudes variables mais dont chacune des vibrations confirme que la saison des transhumances politiques est ouverte. Et la bande des politiciens  professionnels qui a goûté à tous les râteliers, du PS, du PDS à l' APR,  prépare déjà les échéances prochaines de 2017 et de 2019. Ces marchands ambulants qui ont parcouru tous les "loumas" électoraux vont encore essayer de nous vendre les vertus hors- saison du militantisme idéologique. Sous le camouflage grotesque de coalitions et d'Alliances contre-natures, ils vont remettre au goût du jour leurs  tontines politiciennes afin de mieux faire passer leurs retournements incessants de vestes comme des positions hautement patriotiques dans l'intérêt supérieur de la nation: Benno Bokk Yakaar, Benno Siggil Sénégal...."Il n'y a de pain que de farine" dixit Pulaar qui ajouta que le seul bon singe est celui qui n'a pas encore visité ton champ./

Or dans le landerneau politique du pays, la horde compte beaucoup de gorilles qui ont fini par se prendre aux multiples pièges de leur propre pirouette. Tous les males-dominants ont en effet à leur palmarès  des escapades fort tonitruant à se reprocher. Mais  ces gros malins donnent déjà de la voix en chantant de nouveau dans un remix du remix  la fidélité aux principes, la constance dans l'engagement. Et pourtant, ceux qui glorifient aujourd'hui l'opposition sont les mêmes qui hier vantaient la bonification du Parti au Pouvoir qu'ils auront cherché à intégrer en vain. Les oubliés  du banquet du "Gouverner ensemble" veulent que le peuple les aident à jeter du sable dans la sauce du conseil des ministres et des conseils d'administration; puisqu'ils n'y gouteront pas. La toute prochaine saison politique justifie beaucoup de positions et de positionnements de transhumance de ceux qui resteront,  de ceux-là qui partiront et de ces militants de la 25ème heure qu'il faut tous mettre dans le même sac.  

La transhumance politique au Sénégal est décriée comme une menace pour les fondements de notre commune volonté de bien vivre ensemble notre projet de société. Les analystes l’appréhendent avec inquiétude tandis que les médias traitent de la question sous l’angle méprisant du fait divers. Le concept pèse tout le poids de sa charge négatif et vise à dénigrer un acte jugé indigne, dénié de toute éthique humaine. Ceux qui s’y adonnent sont rabaissés moralement  au rang de bestiaux d’un cheptel à la quête de points d’eau et d’herbe fraîche. Et pourtant l’actualité politique est régulièrement dominée par les processions de militants joyeux de converger dans des meetings de ralliement pour accompagner et saluer l’acte d’abnégation et hautement  patriotique de leur tête de file qui rejoint celui que Dieu a choisi pour nous présider.

Ces pirouettes  politiques peuvent être admises comme les effets pervers de tout un système, toujours enfiévré mais jamais bonifié car les acteurs recyclés discréditent et déstabilisent les formations qu’ils étaient pourtant sensés massifier.

Si l’ampleur du phénomène heurte certaines sensibilités, sa banalisation par les leaders politiques et les populations effraie tout observateur averti. La pratique prospère sur le terreau de l’inculture qu’elle fertilise et pourrait bien détourner le sens des élections et compromettre la réalisation de toute véritable alternance démocratique.

Interroger le phénomène revient alors à ausculter la citoyenneté politique et sociale et surtout à analyser les fondements psychosociologiques du vote au Sénégal pour tous ceux qui pensent qu’il est temps d’agir. En effet la sanction électorale qui finit toujours par tomber nécessite plus que jamais un encadrement pour plus d’efficacité encore.

Mais le peuple voit bien que ce n'est pas sur des politiciens qui ne dénoncent la transhumance que quand ça les arrange qu'il faut compter. (à suivre)

 L'auteur  oumar ndiaye
Une faute d'orthographe, une erreur á signaler ? Une précision á apporter ? Ecrivez moi avec votre info ou votre correction et en indiquant l'url du texte.
Commentaires: (0)

Ajouter un commentaire

 
 
oumar ndiaye
Blog crée le 31/01/2012 Visité 858112 fois 169 Articles 11244 Commentaires 64 Abonnés

Posts recents
Commentaires recents
Les plus populaires
Baaba Maal : odyssée d’une vie et ce que le film n’a pas révélé de l’artiste et de l'homme.
Musiques et mœurs du Sénégal : nos danses sont la signature de notre érotisme.
L’habillement sexy est un acte politique de la femme sénégalaise.
Yiilel, le chacal totémique de la ville de Kanel.
23 mars 2015: L’intifada des Imbéciles aura-t-elle lieu ?